Certaines émissions politiques m’interpellent au point de provoquer chez moi une colère sourde, une colère qui n’est pas due à un désaccord politique mais à cause de la méthode employée pour justifier telle ou telle position, cette colère, vécue comme une provocation à l’encontre du savoir rationnel, est d’autant plus forte quand elle est provoquée par quelqu’un censé être du même camp que le nôtre !
Vilipender l’Histoire pour justifier une position politique, user d’arguments propagandistes non fondés, le tout avec une ignorance criante qui finalement dessert notre cause plutôt que de la servir, c’est malheureusement de plus en plus le cas de certains « penseurs », en tout cas ils se croient comme tels, où finalement la connaissance, j’entends la vraie, est vite remplacer par une l’ignorance, au mieux par l’approximation enveloppée par des interprétations taillées sur mesure, arrangeantes et anesthésiante pour les communs des mortels, c’est bien là que se situe le danger car le public qui écoute ces personnages sortis de nulle part et imbues de leur personne croit apprendre aux autres alors qu’en réalité ils les noient dans un océan de faussetés !
Tout d’abord, je tiens à remarquer en préambule que raisonner en réaction aux provocations incessantes et de bas étage de nos ennemis revient à une régression dans la réflexion politique qui en plus de perdre en qualité elle engraisse ceux qui pratiquent la bassesse pour nous atteindre !
Je rappelle encore une fois cette règle énoncée par Ibn Khaldoun (1332-1406) le père de la sociologie moderne et des méthodes de traitement de l’Histoire : « la méthode choisie pour traiter d’un sujet donné est plus importante que le sujet lui même », dans le sens que si la méthode adoptée est mauvaise car inadaptée au sujet traitée elle le dénature ce qui finalement n’aboutira qu’à l’absurde; je rajouterais qu’en réalité à chaque sujet sa propre méthode d’approche en fonction de sa nature, mais pour y arriver faut-il encore être doté de bon sens et de connaissances solides.
D’où le thème de « la problématique et la méthodologie » cher à mon cœur et que j’ai systématiquement adopté dans tous mes livres et articles.
Cela étant précisé, l’engouement exagéré d’une bonne partie des chiites libanais pour l’Iran a quelques chose de malsain, cette dérive collective d’ordre sociologique n’est pas de bons augures et ne le sera jamais, je crois même qu’elle est néfaste pour la communauté chiite libanaise et pour la cohabitation entre les différentes communautés qui constituent le Liban.
Il est vrai que le Liban qui a vu ses frontières se dessiner de manière plus ou moins artificielle, comme la pluspart des États arabes, est à la sauce française, comprenez à la sauce coloniale, donc c’est une entité qui porte en elle un handicap de naissance, une sorte de malformation congénitale qui ne laisse présager d’aucun épanouissement ultérieur.
Par conséquent tous les excès sont permis, excès de violence, excès d’ignorance, excès de propagandes, excès de falsification, excès de démagogie, excès de mauvais goût, excès de provocations et contre provocations etc… où pullulent les « penseurs » de pochettes surprises et les « spécialistes » de dimanche !
Avant d’aller plus loin je souhaite me présenter aux lecteurs qui ne me connaissent pas ou qui me découvrent, bien qu’architecte de métier, je me suis toujours intéressé à l’Histoire notamment celle du Croissant Fertile et ce depuis Sumer jusqu’à nos jours ce qui n’est pas une sinécure, car jongler avec plus de cinq millénaires de surcroît dans une région constamment agitée est un chemin semée d’écueils… malgré tout je pourrais dire que l’Histoire de cette région du Monde je la connais on va dire un peu. Je la connais d’abord parce que j’y suis né et grandi, je la connais par mon vécu, je la connais aussi par des études poussées à l’École Pratique des Hautes Études ponctuées par une thèse avec succès (pour les connaisseurs, sous la direction de Jean-Claude Margueron et Michel Terrasse), je la connais aussi par mes propres recherches qui ont accompagné, et accompagnent encore, mon existence au quotidien sans négliger ni les sources arabes ni les sources occidentales.
Cette présentation me paraissait nécessaire pour dire au lecteur que contrairement à beaucoup d’usurpateurs quand j’ouvre ma bouche c’est que je sais, peu ou prou, de quoi je parle ! Je rajouterais que je suis fréquemment cité par d’autres chercheurs et dans plusieurs pays et que certains de mes livres sont enseignés dans plus d’une université.
( le Croissant Fertile 5300 ans avant J.C.)
LE MENSONGE COMME ARME EN PLACE DE LA CONNAISSANCE
Dans un prodcast, comme il y en a beaucoup au Liban, consacré à la politique et à la géopolitique du Levant et du Proche-Orient, bien que cette émission soit d’une grande qualité parfois les invités ne sont pas à la hauteur et en profitent pour débaler une propagande bas de gamme alors que la journaliste qui mène les interviews est l’une des meilleures au Liban sauf qu’il est impossible pour n’importe quel(le) journaliste au Monde de posséder une culture globale parfaite et complèteًsur tous les sujets.
Il est là le danger pour l’opinion publique qui écoute ce genre d’émission pour apprendre ou pour comprendre les événements en cours, malheureusement certains charlatans en profitent pour induire en erreur ceux qui les écoutent pour apprendre !
Je ne citerai pas de noms, là n’est pas l’objet de cet article, autant la partie politique de l’interview est correcte et je partage plusieurs points de vue du monsieur interviewé, autant la partie historique est totalement erronée soit par démagogie soit par ignorance .
Je souhaite simplement, autant que faire se peut, éclairer le public sur la partie historique évoquée dans cette émission sans m’étendre sur les détails historiques mais en me contentant des grandes lignes.
Le « chercheur en politique » comme il se présente s’improvise historien dans la première partie de l’interview en nous récitant des fables surréalistes. S’il affirme qu’aujourd’hui les USA ont besoin de l’Iran et non pas l’inverse, ce que j’approuve, il s’évertue à nous démontrer que l’origine de ce colonialisme occidental remonte à Alexandre le Grand ! Puis, il saute 1800 ans pour arriver à la dynastie Safavide (1501-1736) puis ressaute 500 ans pour arriver au vingtième siècle qui bien évidement fausse l’Histoire et dénature les questions de la journaliste; de plus son interprétation de ces deux périodes évoquées est totalement éronnées pour ne pas dire stupide !
l’Histoire ne saurait être un outil de propagande
Il est important de préciser quelles sont les sources auxquelles les chercheurs ont recours pour mener leurs recherches et conclusions.
L’archéologie demeure le premier fournisseur d’informations sûres d’où l’importance majeurs des fouilles menées depuis un peu plus de un siècle et demi un peu partout dans le Monde.
Les ruines des bâtiments, les objets en céramiques, les inscriptions gravées sur la pierre, les dessins muraux et bas reliefs, les écritures anciennes (cunéiformes et hiéroglyphes, plus tard le phénicien et le grec ancien), tous cela nous fournit des trésors d’informations dont les moyens techniques de plus en plus sophistiquées (Carbone 14, analyses ADN notamment), nous fournissent des constats irréfutables, plus tard les manuscrits de l’ère post-antique nous permettent d’affiner nos connaissances tout en restant très méfiant car les empires qui se sont succédés depuis des siècles pratiquaient déjà la propagande et la démagogie, c’est là justement que le conseil d’Ibn Khaldoun prend toute sa mesure.
Donc constats irréfutables mais pas forcément pérennes car souvent des nouvelles découvertes archéologiques remettent en cause bien des certitudes, or ce texte se base sur ce qui est déjà connu à ce jour tout en sachant que d’éventuelles nouvelles découvertes pourraient venir remettre en causse son contenu, mais ce que j’affirme à travers cet article est le produit de ce que nous savons déjà jusqu’au moment où je l’avais rédigé. Le reste n’est que fables sans fondements et légendes loufoques, car l’Histoire ne pourrait en aucun cas être sujette à des interprétations à l’emporte pièce mais n’est que le produit de constats matériels sûrs !
Pour information, l’Histoire de la Perse est tout autre de ce qui a été avancé lors de l’interview en question et court sur plus de 5200 ans avec comme racine la civilisation de Suse (Sud-Est de l’actuel Iran) quasi concomitante avec celle de Sumer (-5300) qui formaient les deux civilisations les plus vieilles de l’Histoire de l’Humanité et éphémères et étaient d’ores et déjà deux civilisations concurrentes. Deux siècles plus tard ces deux civilisations ont disparues l’une après l’autre. (Voir « l’Histoire commence à Sumer de Samuel Noah Kramer »), , la civilisation étant forcément de nature urbaine avec pouvoir central et non pas de nature sédentaire simple où des individus ou des groupes d’individus s’installent par ci par là de manière désorganisée et individualiste.
(Le site de Suse)
À Sumer ont succédé tour à tour les Akkadiens (2334-2154 avant J.C.) puis la première Babylone (2000-1800 avant J.C.), l’invasion des assyriens venus des pays du Caucase à partir de 2500 avant J.C. qui n’ont cessé de grignoter la Mésopotamie jusqu’à l’avènement de la nouvelle Babylone en 612 avant J.C. (qui ne sont pas mésopotamiens comme beaucoup de gens le croient) puis les civilisations cananéennes qui disparaissent à leur tour avec la fin de la civilisation phénicienne… alors qu’en Perse s’établissent, après Suse, les Élamites ( toujours 2500 avant J.C.) dont la civilisation a influencé l’empire Perse tout au long de son Histoire jusqu’à l’Iran moderne et dont certains iraniens d’aujourd’hui refusent de le reconnaître mettant en avant et de manière exclusive l’Islam à la mode Iranienne comme seule origine de l’Iran contemporain, or on ne refait pas l’Histoire qui de toutes les manières suit son cours, nous avons vu cela lors de la parenthèse de l’Union Soviétique et après l’enterrement de la révolution culturelle de Mao en Chine les exemples étant nombreux.
Après les Élamites se sont succédés les Achéménides (559 avant J.C. - 330 avant J.C.), l’empire Parthe (247 avant J.C. - 224 après J.C.) les Sassanides (225-651 après J.C.), l’arrivée d’Alexandre le Grand en Perse étant située en l’an 331 avant J.C.
À noter que les Élamites ont déclaré la guerre à la Mésopotamie et ont fini par l’envahir. À noter aussi que comme les Élamites ont influencé la Perse jusqu’à l’Iran compreporain, les mésopotamiens ont influencé le Levant jusqu’à nos jours, il s’agit bel et bien de deux Mondes foncièrement différents, ils s’agit même de deux ADN distincts au propre comme au figuré sans aucune connotation raciste de ma part.
(Les Monts Zagros frontière naturelle immuable entre deux Mondes foncièrement différents)
Vous vous demandez peut-être en lisant ce qui a précédé que vient faire l’Histoire antique dans le cadre de l’interview pré-citée, soyez patients et vous comprendrez.
Le politicien improvisé en « historien » accuse Alexandre le Grand que son invasion de la Perse était de nature coloniale à l’occidentale
qui voulait phagocyter l’empire Parthe pour l’annexer à un Grand Empire Grec.
Je voudrais apprendre à ce monsieur que bien avant Alexandre le Grand ce sont les perses qui n’ont eu de cesse d’agresser les perses jusqu’à ce que le roi Philippe, le père d’Alexandre, les batte, donc ce ne sont pas les grecs qui ont entamé les hostilités mais les Perses d’une part, d’autre part quand Alexandre avait battu les perses II n’a jamais intégré la Perse à la civilisation grecque, au contraire c’était pour lui l’occasion de fonder un nouvel empire qu’il a nommé lui même l’Empire Greco-Perse tout en adoptant la religion, les us et coutumes de la société Perse au lieu d’imposer la religion, les us et coutumes grecques (il en a fait de même en Égypte) . Je n’approuve pas sa campagne, je dis simplement que ces événements de l’antiquité ne ressemblent en rien au colonialisme occidental barbare tel que l’on connaît depuis le 16 ème siècle.
Ce qu’il faudrait savoir sur cet épisode est qu’Alexandre qui était l’élève d’Aristote, il est primordial de le rappeler, ne se voyait pas comme un chef de guerre conquérant pour élargir son empire pour des raisons mercantiles mais une sorte de Prophète avec une approche philosophique de l’humanité qu’il souhaitait unir ce qui représente de manière évidente un projet utopique qui ne pouvait que mal de terminer; je ne dis que je l’approuve, je dis simplement que nous sommes bien loin de l’État d’esprit colonialiste sauvage de l’Occident actuel et de celui des USA.
Je vais suivre l’apprentie historien et lui empiéter le pas en sautant 1800 ans pour arriver à la dynastie Safavide ce qui m’évitera de trop allonger cet article. Notre apprentie affirme avec assurance qu’ils sont d’origine turcs, non seulement l’empire Ottoman venait à peine de naître mais en plus les Safavides constituait une tribune kurde dans l’actuel Azerbaïdjan, je m’arrête là concernant ce point pour éviter un lynchage à notre « génie » de service ce qui serait inutile !
Quand à l’origine de l’Islam en Perse, notre « chercheur » nous a présenté un beau scénario de science-fiction à retardement !
Il se trouve que la Perse Sassanide dont une bonne partie de la population est restée païenne, pratiquant le zoroastrisme, après l’avènement de l’Islam qui dominait l’Irak actuel a été défait par l’armée Omeyyade venue de la péninsule arabique lors de la bataille de Qadisiyah en l’an 636
Par la suite les omeyyades ont islamisé de force une grande partie de la population Perse alors qu’une petite partie très influente est restée païenne.
( le site d’Al-Qadisuyyah dans l’actuel Irak)
(Le Croissant Fertile où apparaît la Mésopotamie sous domination Sassanide avant d’être libérée par les Omeyyades)
Un peu plus tard, après la bataille de Karbala qui a eu lieu en 680 le chiisme est apparue au Sud de l’actuel Irak, le chiisme à l’origine était un mouvement politique révolutionnaire contestant l’instauration du Califat dynastique Omeyyade (661-750) en restant attaché à la tradition sunnite sans aucune ambiguïté.
Ayant perdu la bataille de Karbala les chiites furent violemment opprimés par le Califat Omeyyade, une minorité à pris la fuite vers la côte Est de la péninsule arabique alors que la majeure partie a fuit dès la fin du 7 ème siècle vers le Levant notamment vers le Nord et le Sud de l’actuel Liban (pour ceux qui l’ignorent Tripoli à l’époque était avec ses 70 000 habitants la plus grande ville chiite du Levant jusqu’à l’avènement des Ayyoubides (dynastie kurde fondée par Saladin en 1193) qui avaient massacrés ses habitants chiites alors que les survivants avaient fuit vers le Mont-Liban sur les hauteurs de l’actuel ville de Jbeil (Byblos) où ils s’y trouvent encore aujourd’hui.
C’est au Sud-Liban qu’a atterri la majeure partie des chiites qui avaient fuit leur berceau Sud irakien et plusieurs historiens s’accordent sur l’hypothèse que c’est au Sud-Liban vers le début du 8 ème siècle que le chiisme est passé du statut de mouvement politique révolutionnaire jusqu’au là toujours sunnite à celui d’un dogme à part coupant ainsi le cordon ombilical avec le sunnisme officiel.
De l’autre côté du la chaîne montagneuse du Zagros, les perses, aussi bien les islamisés de force que les résistants païens, ont gardé une rancœur coriace contre la califat sunnite omeyyade, dont la capitale était Damas, après la défaite de Qadisiyah, ils ont patiemment attendu l’avènement du califat Abbasside (750-1258) après avoir renversé les Omeyyades dans la violence, qui a levé les restrictions dures que subissaient les chiites, pour adopter le chiisme par vengeance (qui se mange froide) du Califat Omeyyade pour adopter en masse le chiisme comme dogme à part dans l’idée de combattre le Califat sunnite arabe de l’intérieur, certains sont devenus des vizirs et des hauts notables de la ville de Baghdad la nouvelle capitale de la dynastie qui avait intégrer la Perse à son Califat. C’est cette évolution qui a permis aux brillants philosophes et savants Perse de s’installer à Baghdad et qui ont contribué à l’âge d’or arabe qui a rayonné sur l’ensemble de Proche-Orient, de l’Afrique du Nord et de l’Europe pendant plusieurs siècles et qui a été à l’origine de la renaissance européenne au 16 ème siècle.
Un constat, les iraniens qui sont restes païens sous la domination Omeyyade sont passés directement du paganisme au chiisme en tant que dogme sans passer par le sunnisme qui reste le fondement de tous les dogmes musulmans sans exception.
En conclusion, j’informe notre ami « expert » que l’adoption des perses du dogme chiite, bien que différent du chiisme arabe à cause de l’influence persistante du zoroastrisme, était de nature politique et nationaliste bien plus que de nature religieuse contrairement à son expliquait on hasardeuse et fantaisiste qui arrange ceux qui parmi les chiites libanais s’obstiner à rester coûte que coûte sous l’aile l’iranienne quelques soient les conséquences néfastes que nous constatons depuis le martyr de Sayyed Hassan Nasrallah. Je ne vous rapporte pas sa version car l’objet de cet article n’étant pas de vous faire rire !
J’insiste sur le fait que le chiisme arabe, notamment libanais, et différent du chiisme iranien où il existe, contrairement aux préceptes du Prophète contraire à la hiérarchisation du corps ecclésiastique (Ayatollah, Hojatollah etc …) alors que l’Islam est fondé sur le principe de la fraternité où seul un imam guide sur le plan social. Cette différence se voit à travers l’architecture des mosquées, celle des arabes est horizontale représentant la fraternité alors que celle des turcs, eux aussi devenus musulmans uniquement pour le pouvoir, est pyramidale car eux aussi ont pratiqué la hiérarchisation ou encore celle des iraniens verticale (voir mon livre « l’Islam et l’évolution catégorielle de l’architecture arabe », édition Al-Muttannabbi, Beyrouth 1992).
(La couverture de « l’Islam et l’évolutions catégorielle de l’Architecture arabe)
Autre importation Iranienne est l’instauration de Wilayat Al-Faquih (la tutelle du Juriste, une sorte de Calife chiite) qui est une conséquence directe de la hiérarchisation instaurée en Iran et qui ne nous concerne en rien ni de près ni loin, dès lors je m’étonne qu’une partie des chiites arabes connus pour leur esprit libre puissent accepter de se soumettre à cette tutelle qui n’a aucun fondement religieux.
En tout état de cause le Sud-Liban n’est pas et ne sera jamais une extension de l’Iran ni sur le plan politique ni sur le plan religieux, une alliance stratégique suffira largement !
Qu’on me comprenne bien, il ne s’agit pas pour moi d’attaquer l’Iran, il ne s’agit que de mettre sous lumière quelques vérités historiques, sachant que ne sommes que le produit de l’Histoire ainsi que nos désillusions comme nos espérances, bien qu’il soit différent de nous l’Iran est un allié aussi stratégique qu’indispensable dans le cadre de notre lutte contre le colonialisme occidental et son outil sioniste, mis la question que j elle pose depuis quelques mois est la suivante: Est-ce que l’Iran est toujours notre allié efficace comme il l’a été depuis 3 ou 4 décennies ? J’avoue que parfois je me pose la question.
Enfin, après l’avènement de la dynastie Safavide les chiites perses ont subi leur oppression de manière brutale ce qui a amené certains parmi eux à fuir vers l’Inde et les pays d’Asie centrale.
Je termine cette partie historique avec une remarque d’ordre général qui a son importance par rapport aux événements actuels qui secouent le Proche-Orient. La frontière actuelle entre l’Iran et l’Irak n’a pas bougé depuis Sumer et Suse, elle est matérialisée par la chaîne montagneuse du Zagros et constitue depuis près de 5000 ans une ligne de front la plus ancienne de l’Histoire de l’Humanité toujours en activité.
J’ouvre une parenthèse en citant le Perse Al-Ferdawsi (940-1020) l’auteur du livre des rois (Shahmaneh) : « L’herbe c’est le savant, la science c’est la montagne, éternellement hors d’atteintes de la multitude. Le cadavre c’est l’homme ignorant, car l’homme sans instructions est partout privé de vie. Seul le savoir ressuscite l’homme. Heureux celui qui s’y consacre assidûment. »
Ou encore rappeler ce verset coranique : « Allah élèvera en degrés ceux d’entre vous qui auront cru et ceux qui auront reçu le savoir » (sourate Al-Mujadila, 58:11)
Je referme cette parenthèse sans commenter ces deux citations laissant à tout et chacun de les comprendre à sa guise.
En réalité comprendre est plus important que croire car qui comprend mal croit mal !
Le véritable objet de cet article n’est pas d’abaisser quiconque, tout d’abord il n’y a pas de place à la complaisance ou à la flatterie quand il s’agit du savoir et de la connaissance, l’obligation de correction s’impose, ensuite, il ne faudrait éprouvé aucune pitié pour ceux qui falsifient, consciemment ou inconsciemment, l’Histoire pour servir leur cause aussi juste soit-elle car cela la dessert et la dénature et par la même occasion la falsifier est un pêcher qui cherche à éloigner l’opinion publique de la réalité des événements et de leurs nature et éventuelles conséquences, il faudrait mieux affronter la réalité telle qu’elle est même si elle n’est pas arrangeante voire amère. Or l’Histoire ne peut être en aucun cas sujette à interprétation arrangeante, ce qui est devenu à la mode de nos jours, de surcroît elle doit être sacrée autant que la religion, d’ailleurs la religion ne faisait-elle pas elle-même partie de l’Histoire ? L’Histoire est mère des religions alors respectant là en l’apprenant avec objectivité, un esprit libre et bons sens !
L’Imam Ali Ben Abi Taleb disait : « les gens sont les ennemis de ce qu’ils ignorent », ce que Saint-Thomas d’Aquin avait repris autrement quelque siècles plus tard : « le but de la philosophie n’est pas de savoir ce que les hommes ont pensé, mais bien quelle est la vérité des choses »; finalement la
Voie de l’Éloquence est la même pour tous, c’est un bien commun que les humains ne devraient pas gâcher avec des artifices qui lui sont nuisibles ce qui est un pur sacrilège pur pas dire un blasphème devant l’humanité.
* sur le même thème : « les méandres de la jurisprudence religieuse »
https://www.hayansidaoui.net/méandres#show-block-navigationprincipale
التاريخ ونحن
تستفزني بعض البرامج السياسية لدرجة إثارة غضب دفين في داخلي، غضب لا ينبع من خلاف سياسي، بل من الأساليب المستخدمة لتبرير موقف معين. هذا الغضب، الذي يُنظر إليه كاستفزاز للمعرفة العقلانية، يزداد حدةً حين يُستفز من قِبل شخص يُفترض أنه في صفنا!
تشويه التاريخ لتبرير موقف سياسي، واستخدام حجج دعائية لا أساس لها، كل ذلك بجهل سافر يضر بقضيتنا بدلًا من أن يخدمها - هذا للأسف يتزايد مع بعض "المفكرين"، أو على الأقل من يعتبرون أنفسهم كذلك. في الواقع، سرعان ما تُستبدل المعرفة الحقيقية بالجهل والنفاق، أو في أحسن الأحوال، بتقريبات مُغلّفة بتفسيرات مُصممة خصيصًا، مُريحة، ومُخدرة للشخص العادي. هنا يكمن الخطر تحديدًا، لأن الجمهور الذي يستمع إلى هؤلاء الشخصيات المُتغطرسة التي تظهر فجأة يعتقد أنها تُعلّم الآخرين، بينما هي في الحقيقة تُغرقهم في بحر من الأكاذيب !
أولًا، من المهم التأكيد منذ البداية على أن الاستدلال ردًا على الاستفزازات المتواصلة والدنيئة لأعدائنا يُعدّ تراجعًا في الفكر السياسي. فإلى جانب فقدان الجودة، يُثري هذا الاستدلال أولئك الذين يلجؤون إلى أساليب دنيئة لمهاجمتنا!
أُعيد التأكيد على قاعدة ابن خلدون، أبو علم الاجتماع الحديث ومنهجيات دراسة التاريخي: "المنهج المُختار لمعالجة موضوع ما أهم من الموضوع نفسه". وهذا يعني أنه إذا كان المنهج المُعتمد معيبًا لعدم ملاءمته للموضوع، فإنه يُشوّهه، ويؤدي في النهاية إلى العبث. وأضيف أن كل موضوع، في الواقع، يتطلب منهجًا خاصًا به، مُصممًا خصيصًا لطبيعته، لكن لتحقيق ذلك، يجب على المرء أن يمتلك الحس السليم والمعرفة الراسخة.
ومن هنا جاء موضوع "الاشكالية والمنهجية"، الذي أعتز به كثيرًا، والذي اعتمدته باستمرار في جميع كتبي ومقالاتي.
مع ذلك، فإن الحماس المفرط لدى شريحة واسعة من الشيعة اللبنانيين تجاه إيران أمرٌ غير صحي. هذا الانجراف الاجتماعي الجماعي ليس فألًا حسنًا، ولن يكون كذلك أبدًا؛ بل أعتقد أنه يضرّ بالطائفة الشيعية اللبنانية وبالتعايش بين مختلف الطوائف التي تُشكّل لبنان.
صحيح أن لبنان، الذي رُسمت حدوده بطريقة مصطنعة إلى حدٍّ ما، كمعظم الدول العربية، قد تشكّل بفعل الاستعمار الفرنسي. لذا، فهو كيانٌ يحمل في طياته عيبًا خلقيًا، تشوّهًا لا يُبشّر بأيّ أملٍ في التطور.
لذلك، تُباح جميع أنواع التجاوزات: تجاوزات العنف، وتجاوزات الجهل، وتجاوزات الدعاية، وتجاوزات التزييف، وتجاوزات الشعبوية، وتجاوزات سوء الذوق، وتجاوزات الاستفزازات والاستفزازات المضادة والإفراط في الديماغوجية، وما إلى ذلك، حيث يكثر من يُنصّبون أنفسهم "مفكرين" و"خبراء" الصدفة !
قبل المضي قدمًا، أودّ أن أعرّف بنفسي للقراء الذين لا يعرفونني أو الذين يتعرفون عليّ لأول مرة. مع أنني مهندس معماري، إلا أنني لطالما كنت مهتمًا بالتاريخ، ولا سيما تاريخ الهلال الخصيب، من سومر وحتى يومنا هذا. وهذا ليس بالأمر الهين، إذ إنّ استعراض أكثر من خمسة آلاف عام، وخاصة في منطقة مضطربة باستمرار، يُعدّ مسارًا مليئًا بالعقبات. ومع ذلك، يمكنني القول إنني أعرف تاريخ هذه المنطقة من العالم، ولو قليلًا. أعرفه أولًا وقبل كل شيء لأنني وُلدت ونشأت هناك؛ أعرفه من خلال تجاربي الشخصية؛ كما أعرفه من خلال دراساتي المتقدمة في المدرسة التطبيقية للدراسات العليا في باريس، والتي تُوّجت برسالة دكتوراه ناجحة (للمطلعين، تحت إشراف جان كلود مارغيرون وميشيل تيراس)؛ وأعرفه أيضًا من خلال بحثي الخاص، الذي رافق، ولا يزال يرافق، حياتي اليومية، دون إغفال المصادر العربية و الغربية.
بدا هذا التقديم ضروريًا لطمأنة القارئ بأنني، على عكس كثير من المُدّعين، أتحدث عن معرفة، إلى حد ما، بما أتحدث عنه! أودّ أن أضيف أنني أُستشهد بي كثيرًا من قِبل باحثين آخرين في عدة دول، وأن بعض كتبي تُدرّس في أكثر من جامعة
(الهلال الخصيب ٥٣٠٠ سنة قبل المسيح)
الكذب كسلاح بدلاً من المعرفة
في بودكاست، كغيره من البودكاستات في لبنان، المُخصّص لسياسات وجغرافيا بلاد الشام والشرق الأوسط، ورغم جودة البرنامج عمومًا، إلا أن الضيوف أحيانًا يُقصّرون ويستغلون المنصة لنشر دعاية رخيصة. الصحفية الذي يتُجري المقابلات من أفضل الصحفيين في لبنان، ولكن من المستحيل على أي صحفي في العالم أن يمتلك معرفة عالمية كاملة وشاملة لمجمل المواضيع.
هذا هو الخطر الذي يُهدّد الجمهور، الذي يستمع إلى هذا النوع من البرامج ليتعلّم أو يفهم الأحداث الجارية. للأسف، يستغل بعض المُدّعين هذا الوضع لتضليل المستمعين!
لن أذكر أسماءً، فهذا ليس هدف هذه المقالة. بينما يتسم الجزء السياسي من المقابلة بالعقلانية، وأتفق مع العديد من وجهات نظر المُحاور، فإن الجزء التاريخي مليء بالمغالطات، سواءً كان ذلك بسبب التحريض أو الجهل. أرغب فقط، قدر الإمكان، في تسليط الضوء على الجوانب التاريخية التي نوقشت في هذا البرنامج دون الخوض في تفاصيل تاريخية، بل بالتركيز على الخطوط الرئيسية.
يتصرف "الباحث السياسي"، كما يُعرّف نفسه، كمؤرخ مرتجل في الجزء الأول من المقابلة، مُلقيًا حكايات خيالية. وبينما يؤكد أن الولايات المتحدة اليوم بحاجة إلى إيران وليس العكس - وهي نقطة أتفق معها - فإنه يُبالغ في إثبات أن أصل هذا الاستعمار الغربي يعود إلى عهد الإسكندر الأكبر! ثم يقفز 1800 عامًا إلى عهد الدولة الصفوية (1501-1736)، ثم يقفز 500 عامًا أخرى إلى القرن العشرين، مما يُشوّه التاريخ بشكل واضح ويُسيء فهم أسئلة الإعلامية، علاوة على ذلك، فإن تفسيره لهاتين الفترتين خاطئ تمامًا، بل وسخيف!
لا يمكن للتاريخ أن يغدو اداة البروباغاندا
من المهم تحديد المصادر التي يستخدمها الباحثون لإجراء أبحاثهم والتوصل إلى استنتاجاتهم.
لا يزال علم الآثار المصدر الرئيسي للمعلومات الموثوقة، ومن هنا تأتي الأهمية البالغة للحفريات التي أُجريت على مدى قرن ونصف تقريبًا حول العالم.
تُزوّدنا أطلال المباني، والقطع الخزفية، والنقوش الحجرية، والرسومات الجدارية، والمنحوتات البارزة وكافة انواع التحف الفنية والكتابات القديمة (المسمارية والهيروغليفية، ثم الفينيقية واليونانية القديمة) بثروة من المعلومات. وتُقدّم لنا الوسائل التقنية المتطورة باستمرار (التأريخ بالكربون-14، وتحليل الحمض النووي، على وجه الخصوص) أدلة قاطعة. لاحقًا، تُتيح لنا المخطوطات من العصر ما بعد القديم صقل معرفتنا، مع توخي الحذر الشديد، لأن الإمبراطوريات التي تعاقبت على مرّ القرون مارست الدعاية والتحريض. وهنا تحديدًا تبرز أهمية نصيحة ابن خلدون.
إذن، هذه نتائج لا جدال فيها، لكنها ليست بالضرورة نهائية، إذ غالبًا ما تتحدى الاكتشافات الأثرية الجديدة العديد من المسلمات الراسخة. يستند هذا النص إلى ما هو معروف بالفعل حتى يومنا هذا، مع التسليم بأن الاكتشافات الجديدة المحتملة قد تُشكك في محتواه. ومع ذلك، فإن ما أؤكده في هذه المقالة هو نتاج ما كنا نعرفه حتى وقت كتابتها. أما ما عدا ذلك فليس إلا خرافات لا أساس لها وأساطير حمقاء، لأنه من غير الممكن إخضاع التاريخ لتفسيرات مبسطة أو ملفقة، بل هو نتاج حقائق مادية ثابتة
للعلم، يختلف تاريخ بلاد فارس اختلافًا كبيرًا عما ذكر في البرنامج ، إذ يمتد لأكثر من 5200 عام، ويعود بجذوره إلى حضارة شوش (جنوب شرق إيران الحالية)، التي نشأت بالتزامن تقريبًا مع حضارة سومر (جنوب عرب العراق الحالي، 5300 قبل الميلاد). كانت هاتان الحضارتان أقدم الحضارات في تاريخ البشرية، وإن كانتا قصيرتي العمر، وكانتا متنافستين بالفعل. وبعد قرنين من الزمان، اختفتا تباعًا. (انظر كتاب "التاريخ يبدأ من سومر" لسامويل نوح كرامر). كانت الحضارة بالضرورة حضرية بطبيعتها، ذات سلطة مركزية، وليست مجرد حضارة استقرارية، حيث يستقر الأفراد أو الجماعات هنا وهناك بطريقة عشوائية وفردية.
(موقع شوشة)
خلف الأكاديون (2334-2154 ق.م.) سومر، ثم البابليون الأوائل (2000 ق.م.)، تلاهم الغزو الآشوري من منطقة القوقاز بدءًا من حوالي 2500 ق.م.، والذين توغلوا تدريجيًا في بلاد ما بين النهرين حتى ظهور بابل الجديدة عام 612 ق.م. (الجدير بالذكر بأن الآشوريون لم يكمونوا أصلا من بلاد ما بين النهرين، خلافًا للاعتقاد الشائع). ثم جاءت الحضارات الكنعانية، التي اختفت بدورها مع نهاية الحضارة الفينيقية. في هذه الأثناء، في بلاد فارس، بعد سوسة، استقر العيلاميون (أيضًا حوالي 2500 ق.م.)، وأثرت حضارتهم على الإمبراطورية الفارسية عبر تاريخها، وامتدت إلى إيران الحديثة. يرفض بعض الإيرانيين اليوم الاعتراف بهذا التأثير، ويروجون بدلًا من ذلك لشكل إيراني مميز من الإسلام باعتباره الأصل الوحيد لإيران الحديثة، لكن التاريخ لا يمكن إعادة كتابته؛ فهو يسير في مساره حتمًا. شهدنا هذا خلال الحقبة السوفيتية و ما بعد الثورة الثقافية الماوية في الصين، من بين أمثلة أخرى كثيرة.
بعد العيلاميين، جاء الأخمينيون (559 ق.م. - 330 ق.م.)، ثم الإمبراطورية البارثية (247 ق.م. - 224 م.)، ثم الساسانيون (225-651 م.). ويُؤرَّخ وصول الإسكندر الأكبر إلى بلاد فارس عام 331 ق.م.
تجدر الإشارة إلى أن العيلاميين أعلنوا الحرب على بلاد ما بين النهرين وغزوها في نهاية المطاف. كما تجدر الإشارة إلى أنه كما أثر العيلاميون على بلاد فارس حتى إيران الحالية، فإن تأثير بلاد ما بين النهرين على بلاد الشام لا يزال قائماً حتى يومنا هذا. إنهما عالمان مختلفان جذرياً؛ بل هما بمثابة بصمتين ثقافيتين متميزتين، حرفياً ومجازياً، دون أي دلالة عنصرية من جانبي.
(سلسلة جبال الزاغروس وهي الحدود الطبيعية الثابتة بين عالمين مختلفان جذريا)
قد تتساءل، بعد قراءة ما سبق، ما علاقة التاريخ القديم بالمقابلة المذكورة آنفاً. تابعوا معي، وستدركون المغزى من ذالك
يتهم "الخبير" المستضاف، الذي يتظاهر الآن بأنه "مؤرخ"، الإسكندر الأكبر بغزو استعماري على النمط الغربي، بهدف ضم الإمبراطورية البارثية إلى إمبراطورية يونانية عظمى.
أود أن أُعلم هذا الرجل أنه قبل الإسكندر الأكبر بزمن طويل، كان الفرس هم من شنوا هجمات متواصلة على بلاد اليونان بهدف ضمهم الإمبراطورية البارثية حتى هزمهم الملك فيليب، والد الإسكندر. لذا، لم يكن اليونانيون هم من بدأوا الأعمال العدائية، بل الفرس أنفسهم. علاوة على ذلك، عندما هزم الإسكندر الفرس، لم يدمج بلاد فارس في الحضارة اليونانية؛ بل على العكس، كانت هذه فرصة له لتأسيس إمبراطورية جديدة، أطلق عليها اسم الإمبراطورية اليونانية الفارسية، مع تبني ديانتهم وعادات وتقاليد المجتمع الفارسي بدلاً من فرض الديانة والعادات والتقاليد اليونانية (وهذا ما فعله ايضاً في مصر). أنا لا أؤيد حملته، إنما أقول فقط إن هذه الأحداث القديمة لا تمت بصلة إلى الاستعمار الغربي الوحشي والإنساني الذي نعرفه منذ القرن السادس عشر.
ما نحتاج معرفته حول هذه الحادثة هو أن الإسكندر، الذي كان تلميذًا لأرسطو - ومن المهم تذكر ذلك - لم يرَ نفسه قائدًا غازيًا يوسع إمبراطوريته لأسباب تجارية، بل كان أشبه بنبيٍّ ذي رؤية فلسفية للبشرية، رغب في توحيدها. يُمثل هذا بوضوح مشروعًا طوباويًا لا يُمكن أن ينتهي إلا نهايةً سيئة. لا أقول إنني أؤيده؛ إنما أقول فقط إننا بعيدون كل البعد عن العقلية الاستعمارية المتوحشة للغرب والولايات المتحدة الأمريكية في عصرنا الحالي.
سأتبع المؤرخ الناشئ وأقفز 1800 عامًا إلى الأمام، إلى السلالة الصفوية، مما سيُجنبني إطالة هذا المقال. يؤكد "استاذنا" بثقة أنهم من أصل تركي؛ لم تكن الإمبراطورية العثمانية قد وُلدت بعد فحسب، بل كان الصفويون أيضًا تابعين أكرادًا في ما يُعرف الآن بأذربيجان. سأتوقف عند هذه النقطة تجنبًا لانتقاد "عبقرينا" بشدة ما لا يجدي نفعا !
فيما يتعلق بأصول الإسلام في بلاد فارس، قدّم لنا "باحثنا" سيناريو خيالياً بعيد المنال عن الواقع والوقائع التاريخية.
اتضح أن بلاد فارس الساسانية، التي ظلّ جزء كبير من سكانها وثنياً يمارسون الزرادشتية، هُزمت على يد الجيش الأموي القادم من شبه الجزيرة العربية في معركة القادسية عام 636، بعد ظهور الإسلام الذي سيطر على ما يُعرف اليوم بالعراق الذي كان يومها تحت السيطرة الفارسية.
لاحقاً، أجبر الأمويون جزءاً كبيراً من سكان بلاد فارس على اعتناق الإسلام، بينما بقيت فئة صغيرة، لكن مؤثرة جداً، على وثنيتها.
(موقع القادسية في العراق الحالي)
(الهلال الخصيب كما تظهر بلاد ما بين النهرين تحت سيطرة الإمبراطورية الساسانية فبل تحريرها من قبل الأمويين)
بعد ذلك بقليل، عقب معركة كربلاء عام 680، ظهر التشيُع في جنوب العراق. في الأصل، كان المذهب الشيعي حركة سياسية ثورية تحدّت قيام الخلافة الأموية (661-750)، مع التزامها التام بالتقاليد السنية.
بعد هزيمة الشيعة في معركة كربلاء، تعرضوا لقمعٍ شديد من قِبل الخلافة الأموية. فرّت أقلية منهم إلى الساحل الشرقي لشبه الجزيرة العربية، بينما فرّت الأغلبية منذ أواخر القرن السابع الميلادي إلى بلاد الشام، وتحديدًا شمال وجنوب لبنان الحالي. (ولمن لا يعرف، كانت طرابلس، التي كان يبلغ عدد سكانها 70 ألف نسمة، آنذاك أكبر مدينة شيعية في بلاد الشام حتى ظهور الأيوبيين (سلالة كردية أسسها صلاح الدين الأيوبي عام 1193م)، الذين ارتكبوا مجازر بحق سكانها الشيعة. لجأ الناجون إلى جبل لبنان، واستقروا في التلال المطلة على مدينة جبيل الحالية، حيث لا يزالون يقيمون حتى اليوم).
في جنوب لبنان استقرت غالبية الشيعة الذين فروا من موطنهم الأصلي في جنوب العراق، ويتفق العديد من المؤرخين على فرضية أنهم وصلوا إلى هذه المنطقة أولًا. في جنوب لبنان، مطلع القرن الثامن الميلادي تقريبًا، تحوّل التشيُع من حركة سياسية ثوريةً إلى مذهب مستقل، قاطعًا بذلك صلاته بالمذهب السني الرسمي.
على الجانب الآخر من جبال زاغروس، كان للفرس - سواءً من أُجبروا على اعتناق الإسلام أو من بقيوا على الوثنية - استياءً عميقًا من الخلافة الأموية السنية، وعاصمتها دمشق. بعد هزيمتهم في القادسية، انتظروا بصبر قيام الخلافة العباسية (750-1258)، التي أطاحت بالأمويين بالقوة. رفعت هذه الخلافة القيود الصارمة المفروضة على الشيعة، فاعتنقوا التشيع جماعيًا انتقامًا من الخلافة الأموية، فأصبح التشيع الفارسي مذهبًا مستقلًا لمواجهة الخلافة العربية السنية من الداخل. بل إن بعضهم ارتقى إلى مراتب الوزراء وكبار المسؤولين، من وجهاء مدينة بغداد، العاصمة الجديدة للسلالة العباسية التي ضمت كامل بلاد فارس إلى خلافتها. وقد أتاح هذا التطور للفلاسفة والعلماء الفرس البارزين الاستقرار في بغداد والمساهمة في العصر الذهبي العربي، الذي امتدت أشعته في جميع أنحاء الشرق الأوسط وشمال إفريقيا وأوروبا لعدة قرون، وكان منبع النهضة الأوروبية في القرن السادس عشر.
ومن الجدير بالذكر أن الإيرانيين، الذين ظلوا على وثنيتهم، تحت الاحتلال الأموي انتقلوا مباشرة من الوثنية إلى المذهب الشيعي كعقيدة دون المرور بالمذهب السني، الذي لا يزال أساس جميع العقائد الإسلامية دون استثناء ومن يقول العكس فهو اما كاذب ومنافق اما لا علاقة له بالاسلام.
أُبلغ صديقنا "الخبير" أن اعتناق الفرس للمذهب الشيعي، وإن اختلف عن المذهب الشيعي العربي بسبب التأثير المستمر في تلك الحقبة للزرادشتية، كان ذا طبيعة سياسية وقومية أكثر بكثير من كونه ايماناً دينيًا، خلافًا لتفسيره المحفوف بالمخاطر. يناسب هذا الأمر أولئك الشيعة اللبنانيين الذين يصرّون بعناد على البقاء تحت النفوذ الإيراني مهما كلف الأمر، بغض النظر عن العواقب الوخيمة التي شهدناها منذ استشهاد السيد حسن نصر الله. لن أكرر روايته للأحداث، فليس الهدف من هذه المقالة إضحاككم!
أؤكد أن التشيُع العربي، ولا سيما التشيُع اللبناني، يختلف عن التشيُع الإيراني، حيثما وُجد، مخالفًا لتعاليم النبي، التي تُعارض التسلسل الهرمي للهيئة الدينية (آية الله، حجة الله، إلخ)، بينما يقوم الإسلام على مبدأ الأخوة، حيث يُقدّم الإمام وحده التوجيه الاجتماعي. ويتجلى هذا الاختلاف في عمارة المساجد: فالمساجد العربية أفقية، ترمز إلى الأخوة، بينما المساجد التركية، التي اعتنقت الإسلام أيضًا طمعًا في السلطة، هرمية، إذ مارست هي الأخرى التسلسل الهرمي واللاهوتية التي لا أساس لها في الإسلام، أما المساجد الإيرانية فهي عاموديةً مع فناء مركزي كما في المعابد الزردشتية بينما فناء المسجد العربي ليس إلا تتمة لقاعة الصلاة كما كان الحال في منزل الرسول (انظر كتابي "الإسلام وفئوية تطور ألعمارة العربية، طبعة المتنبي، بيروت - باريس ١٩٩٢ توزيع دار قابس الغبيري).
(غلاف "الاسلام وفئوية تطور العمارة العربية)
من بين الظواهر الإيرانية الأخرى إنشاء ولاية الفقيه (ولاية الفقيه، وهي أشبه بخلافة شيعية)، وهي نتيجة مباشرة للنظام الهرمي القائم في إيران، ولا علاقة لها بنا إطلاقاً. لذلك، أستغرب قبول بعض الشيعة العرب، المعروفين بروحهم الاستقلالية، الخضوع لهذه الولاية التي لا أساس ديني لها إذ أخذنا بالاعتبار تعاليم الرسول وما ترك لنا من احاديث.
على أي حال، فإن جنوب لبنان ليس ولن يكون امتداداً لإيران، لا سياسياً ولا دينياً؛ يكفي تحالف استراتيجي في هذه الحقبة المريرة مع الحفاظ على تميزنا.
دعوني أوضح، ليس هدفي مهاجمة إيران، بل تسليط الضوء على بعض الحقائق التاريخية، إدراكًا مني أننا جميعًا نتاج التاريخ، بما فيه من خيبات أمل وآمال. ورغم اختلافها عنا، تُعدّ إيران حليفًا استراتيجيًا لا غنى عنه في نضالنا ضد الاستعمار الغربي وأداته الصهيونية. مع ذلك، السؤال الذي يُلحّ عليّ منذ أشهر هو: هل ما زالت إيران حليفًا فعّالًا كما كانت عليه خلال العقود الثلاثة أو الأربعة الماضية؟ أعترف أنني أطرح على نفسي هذا السؤال أحيانًا.
أخيراً، بعد صعود الدولة الصفوية، عانى الشيعة الفرس من اضطهاد وحشي، ما دفع بعضهم إلى الفرار إلى الهند وآسيا الوسطى.
أختتم هذا القسم التاريخي بملاحظة عامة مهمة في ضوء الأحداث الراهنة التي تهز الشرق الأوسط. فالحدود الحالية بين إيران والعراق لم تتغير منذ عهد سومر وسوسة. تتميز هذه المنطقة بجبال زاغروس، وقد شكلت، لما يقارب 5000 عام، أقدم خط جبهة نشط باستمرار في تاريخ البشرية.
سأستطرد الآن لأقتبس قولًا للفارسي الفردوسي (940-1020)، مؤلف كتاب الملوك (الشهمانة): "العشب هو العالِم، والمعرفة هي الجبل، بعيدة المنال عن عامة الناس. الجثة هي الجاهل، فالجاهل محروم من الحياة في كل مكان. المعرفة وحدها هي التي تبعث الإنسان. طوبى لمن كرّس نفسه لها بجدّ".
أو تأملوا هذه الآية القرآنية: "يرفع الله منكم الذين آمنوا والذين أوتوا العِلم درجات" (سورة المجادلة، 58:11).
سأختم هذا الاستطراد دون التعليق على هذا الاقتباس وهذه الاية، تاركًا لكل فرد حرية تفسيرهما كما يراه مناسبًا. في الحقيقة، الفهم أهم من الإيمان، فمن يسيء الفهم يُسيء الإيمان كما من يسيىء المنهجية خلال طرحه لموضوع معين كما ذكرت في بداية هذه المقالة.
ليس الهدف الحقيقي من هذه المقالة التقليل من شأن أحد. أولًا، لا مجال للشفقة أو التملق في مجال المعرفة والفهم؛ فالدقة والإخلاص لواقع الاحداث واجب أساسي. ثانيًا، لا ينبغي الشفقة على من يزيفون التاريخ، عن قصد أو غير قصد، لخدمة مصالحهم، مهما بدت عادلة، لأن ذلك يقوض التاريخ ويشوهه. علاوة على ذلك، يُعدّ تزييف التاريخ خطيئة تسعى إلى إبعاد الرأي العام عن حقيقة الأحداث وطبيعتها ونتائجها المحتملة، من الأفضل مواجهة الواقع كما هو، حتى لو كان غير مواتٍ أو حتى مراً، لا يمكن بأي حال من الأحوال إخضاع التاريخ لتفسيرات ملائمة، والتي للأسف شاعت هذه الأيام. بل يجب أن يكون التاريخ مقدساً كالدين؛ ألم يكن الدين نفسه جزءًا من التاريخ؟ التاريخ هو أصل الأديان، فلنحترمه بتعلمه بموضوعية، بعقل منفتح وعقل سليم!
قال الإمام علي بن أبي طالب: "الناس أعداء ما لا يعلمون"، وهو قول ردده بطريقة أخرى القديس توما الأكويني بعد قرون: "ليس هدف الفلسفة معرفة ما فكر به الناس، بل معرفة حقيقة الأشياء". في نهاية المطاف إن نهج البلاغة واحد للجميع؛ إنه خيرٌ عام لا ينبغي للبشرية أن تُفسده بالحيل الضارة، فهذا تدنيسٌ محض، فضلاً عن كونه تجديفاً أمام الإنسانية.
* حول ذات الموضوع : "في متعرجات الفقه الديني"
https://www.hayansidaoui.net/méandres#show-block-navigationprincipale