Clair-obscur

Soumis par Hayan Sidaoui le sam 21/07/2018 - 21:38

- "Verras-tu la lune ?", demande le peuplier
Au hibou errant et crédule
- "Oui", répond l'argenté
À minuit quand sonne la pendule

Il est de ces instants trompeurs
Où la lumière nous oublie
Comme si figés par la torpeur
Nous ignorons tout ce qui luit

Puis, posé sur une branche
Le volatile s'assoupit
Les reflets de la claire blanche
Quelques songes lui fournit

Avez-vous vu la morale
De cette fable où discutent
Le peuplé de menus feuillages
Et le porteur de plumage hirsute ?

Monde

Soumis par Hayan Sidaoui le lun 16/07/2018 - 18:44

Avez-vous vu la lune âcre ?
Qui surgit du noir luisant
Défiant le soleil moribond
Destitué de son sacre

Où sont-elles les étendues ?
Où circulaient les frissons
Caressant les bourgeons
Et les abeilles perdues

Avez-vous vu les sommets ?
enveloppés par la brume
Que les rapaces hument
Sous le vaste ciel oublié

Où sont-ils passés les cygnes ?
Perçant le bleu de leurs élans
Défiant les nuages et le vent
Narguant les dieux et leurs signes

Le ciel clair

Soumis par Hayan Sidaoui le ven 06/07/2018 - 01:50

J'empreintais les chemins tortueux
Attiré par l'énigme qui au bout
Des perspectives aux horizons nuageux
Cache les potences régnant comme des loups

Sans équipage ni boussole
Je défiais les sous-bois dormants
Ceux que les sorcières cajolent
Obturant les étoiles et le firmament

Soudain, j'entends les chuchotements
Des feuilles qui se réveillent
Les arbres tremblent annonçant
Quelques monts et merveilles

Ici et ailleurs

Soumis par Hayan Sidaoui le mer 04/07/2018 - 18:25

Ô souvenir persistant
Telle une seconde ombre
Toi le fidèle colporteur des anciennes senteurs
Toi qui accompagne mes promenades sous les balcons fleuris

Tête levée, comme si avec mes yeux j'accompagne l'envol de mon âme
Aimantée par les couleurs chanteuses
Celles que les fleurs jetent pour taire les peines crieuses
Pour rendre à l'aube l'éclat de ce qui fut

Musique

Soumis par Hayan Sidaoui le lun 02/07/2018 - 21:01

Heures lunimeuses et bavardes
Comme l'esprit d'un homme joyeux
Loin des jacasseries à la hussarde
Où l'attente suave rend le cœur frileux

L'air chaud me caresse la nuque
Telles des mains ferventes
Au loin j'entends chanter les flûtes
Porteuses d'envies incandescentes

Je songe à ces peaux fragiles
Qu'enveloppent les chaudes vapeurs
Aux auréoles qui rendent agiles
Les yeux savourant leurs clameurs

Le chemin

Soumis par Hayan Sidaoui le mer 27/06/2018 - 22:47

Quelques fois les senteurs me reviennent
Où la coriandre se superpose au cumin
Ma mémoire chantant l'empathique veine
Qui jadis colorait mon long chemin

Je me rappelle des joviales persiennes
Qui narguaient les rayons indiscrets
Le temps d'une sieste coquine et vilaine
Qu'accompagne le parfum d'un bosquet

Ô toi le temps qui passe imperturbable
Enveloppant mes souvenirs de petit enfant
Insouciant, l'âme et l'esprit friables
Telle l'herbe qui naît au printemps

Tentation

Soumis par Hayan Sidaoui le dim 24/06/2018 - 20:29

Longeant la côte au sable frileux
Au seuil de l'eau et de son jardin
Entre les arbres nus comme des pieux
Et l'étendue mouvante comme une catin
Qui frappe mon esprit et pique mes yeux

Au dessus de ma tête couverte
Par des nuages bien bas
Je devine les étoiles malhonnêtes
Qui font perdre à la lune sa foi
Dans un ciel malsain et inerte

Le temps

Soumis par Hayan Sidaoui le jeu 14/06/2018 - 05:07

Le ciel veille sur les ruisseaux
La terre nourrit la poussière
Les épaules résistent au fardeau
Jusqu'à l'épuisement de la lumière

À l'horizon flânent les oiseaux
Narguant le noir et les couleurs
La brise porte loin leur échos
Et avec eux nos lourdes frayeurs

L'homme meurt à chaque instant
Voyageant d'heure en heure
Puis oublie le temps présent
Se jetant dans les dernières lueurs

Graal

Soumis par Hayan Sidaoui le ven 01/06/2018 - 00:55

Dès que les pâturages jaunissent le matin
J'irai accompagner le doux zéphir
Qui m'emportera sur tous les chemins
Qui mènent là où je veux dormir

Je sais qu'on m'attend là-bas
Au coin de la grande chaumière
Où se racontent aventures et trépas
Où l'on oublie quelques misères

Je veillerai les yeux rivés
Sur la lune et sa lumière d'argent
J'attendrai à nouveau la matinée
Où le vent m'attend impatient

Le sabre et la meule

Soumis par Hayan Sidaoui le dim 06/05/2018 - 00:45

Je n'ai jamais aimé les chaînes fussent-elles de diamants
Ni caché mes excès, souillent-ils mon existence
Je ne désespère d'une renaissance fusse-t-elle frêle
Je ne crois pas que dieu n'est qu'un ou pénitence
Ne vaut-il pas mieux laisser libres ses pensées comme ses douleurs
Au premier comme au dernier je laisse aux autres de moi ce qu'ils veulent
Si assuré ou ferme je n'offre à personne ni peine ni faveur
Je laisse à chacun de choisir le sabre ou la meule

*Ecrit le 15 avril 2014